La chronique de Nordea Investment Funds: les actions et le high yield restent les classes d’actifs à privilégier
Après le récent rally obligataire, ce sont les actifs réputés les plus risqués (actions et obligations high yield) qui recèlent aujourd’hui le plus de valeur. Les secteurs à privilégier sont ceux qui seront en mesure de tirer profit des plans de relance et de la vigueur de la demande asiatique. Après une première phase de rebond technique indistinct, voici revenue l’heure des stocks et des bonds pickers.
Une page semble bel et bien tournée sur les marchés financiers. A mesure que les indicateurs conjoncturels et les annonces de comptes semestriels des groupes cotés conjurent le risque d’une récession prolongée, les investisseurs retrouvent peu à peu goût au risque. Et les conséquences de cet apaisement sont cruciales en matière d’allocation d’actifs. Rappel des faits. Il y a 18 mois, l’amoncellement de mauvaises nouvelles commence à chasser les investisseurs des marchés d’actions et de la dette privée. En faisant planer le doute sur une implosion du secteur bancaire, la faillite de Lehman Brothers accélère cette désertion dans des proportions inédites. Tétanisés par le risque d’une contagion de la crise bancaire à l’ensemble de l’économie mondiale, les investisseurs n’ont d’autre solution que de se ruer sur le seul actif sûr à leurs yeux : la dette publique.
En quelques mois, la donne a radicalement changé. D’un côté, les entreprises privées ont massivement déstocké et taillé dans leurs coûts de fonctionnement, restaurant leur solidité financière. Par ailleurs, les Etats ont pris le relais d’une demande privée sous perfusion en commençant à injecter des trombes de dépenses publiques dans l’économie réelle. De l’autre côté, l’ampleur inédite des plans de relance a gonflé l’offre de dette, menaçant de tendre les taux d’intérêt long terme. A la fois inquiets de l’émergence d’une bulle sur des emprunts d’Etat, et rassurés sur la capacité des entreprises à traverser la crise sans crainte pour leur survie, les investisseurs ont remonté l’échelle du risque en troquant leurs obligations publiques contre les obligations du secteur privé les moins risquées (Investment Grade), premier signe avantcoureur d’un retour -mesuré- de l’appétit des investisseurs pour le risque.
Et maintenant ?
En dépit de leur bonne performance au cours de ces derniers mois, ces classes d’actifs recèlent encore beaucoup de valeur. Passage en revue.
- les marchés d’actions
Le rally boursier amorcé au mois de mars a été dicté par des considérations microéconomiques (déstockage et de cost cutting) et macroéconomiques (inflexion des taux de croissance des PIB mondiaux). Il a donc concerné indistinctement tous les secteurs d’activités, et en particulier les plus sanctionnées d’entre eux, comme les financières et les cycliques. Mais cette phase de marché est terminée. Faute d’une demande privée suffisamment vigoureuse dans les pays développés, les deux seuls facteurs de hausse sur lesquels peuvent désormais compter les investisseurs sont les plans de relance et la croissance dynamique attendue dans les pays émergents, Asie en tête. En clair, les valeurs qui parviendront à poursuivre leur rebond en bourse seront celles qui sauront profiter de ces deux moteurs. Dans ce contexte, les secteurs des infrastructures et de l’énergie devraient tirer leur épingle du jeu, se substituant durablement aux financières et aux biens de consommation. A une première phase de hausse indistincte des marchés d’actions, dictée par des facteurs conjoncturels généraux et des efforts de réduction des coûts et de la production industrielle, va succéder une nouvelle phase, plus sélective celle-là, propice aux stock pickers qui cherchent à jouer ces deux thématiques.
- le high yield
Pour les mêmes raisons, les obligations high yield (notées en-dessous de BBB- par les agences de notation) ont déjà regagné 57% de leur valeur au cours des huit premiers mois de l’année, à mesure que les analystes révisaient à la baisse leurs anticipations de taux de défaut. Mais ici encore, le marché recèle de vastes opportunités : certes en repli, les écarts de rendement des obligations High Yield par rapport aux emprunts d’Etat dépassent de 400 points de base leur moyenne historique et reflètent donc encore l’anticipation d’une profonde récession. Ainsi, même si les scénarii les plus pessimistes se réalisaient, le niveau actuel des spreads, garantit un rendement de 11%, offrant ainsi un coussin appréciable en cas de détérioration surprise de la conjoncture. Reste que si le marché du high yield recèle encore de la valeur, celle-ci n’est pas équitablement distribuée entre tous les secteurs. Comme sur les marchés d’actions, voici donc venue l’heure d’un bond picking éclairé.www.nordea.fr/